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Simple Man Cruise 2009
A nightmare in my dream

Keep
on Southern Rock of France
Photos de:
John Molet
www.myspace.com/southernjohnandthecalibre12band
Alain
www.myspace.com/alainmaire
Manu
www.myspace.com/httpwwwmyspacecomnatchez
Cétait trop beau !
Hé oui
ça aurait été tellement beau, alors
que ce mercredi 28 janvier je suis en train de me pencher dans mes souvenirs
tout récents et où je moctroie même un certain plaisir
en préparant mon papier RTJ qui doit relater ce grand moment vécu
sur la Simple Man Cruise
Le téléphone sonne ! Cest
mon ami Manu au bout du fil, « Salut John, bon alors tu as
vu, cest terrible ! » Je capte bien dans la tonalité
de sa voix quil ne semble pas très réjoui et que quelque
chose ne va pas vraiment, mais je feins de le ressentir et je lui rétorque
: « Ho que oui que cétait génial.», et
là brutalement il minterrompt : « John, tu nas
pas lair au courant de la mauvaise nouvelle. » Quelle
mauvaise nouvelle ? Concentré sur mon article en devenir, javoue
quexceptionnellement je nai pas eu le temps de surfer une minute
de la journée
et là, dun ton direct et très
embarrassé, jentends : «John ... Billy
Powell est mort cette nuit. »
Lespace de quelques secondes, je suis dans le brouillard.
« Non tu déconnes, on la vu il y a quinze jours!
- Mais si!... Regarde sur le site de Skynyrd, cest annoncé. »
Là, soudainement, jai vraiment besoin de masseoir car je
ne réalise pas vraiment, je continue de parler dans le combiné
sans vraiment trop savoir ce que je dis tellement je suis ailleurs
Putain
mais cest pas vrai, pas eux, pas Skynyrd une nouvelle fois ! Le
temps de notre conversation, des amis tentent de mannoncer cette même
"bad new" et me laissent le terrible message
Je raccroche et je sens monter en moi toute la tristesse de quelquun
qui vient de perdre un être cher, ça peut paraitre bizarre je
sais, mais parfois jai comme limpression que Billy Powell était
un membre de ma famille (de notre famille). Ce maudit mercredi, je vais passer
plusieurs heures de la nuit, atterré, devant mon ordinateur à
errer sur les sites annonçant la triste nouvelle et à envoyer
des mails aux potes concernés pour les prévenir ! Billy
est donc parti rejoindre la liste déjà très longue des
disparus de Lynyrd Skynyrd. Alors si jen crois léternelle
rengaine qui nous assure que là-haut il va retrouver beaucoup de ses
amis (Ronnie, Steve, Cassie, Allen, Leon, ou Hughie), on peut logiquement
penser quils vont pouvoir se faire une sacré jam que nous, pauvres
rescapés, nous ne verrons jamais ! Repose en paix mon vieux Billy !

Billy
Powell
Voici donc la triste raison pour laquelle mon article sur la Croisière
ne débute pas comme je lavais souhaité et commencé
ci-dessous !
Nayant pas trop le mental pour refaire un nouvel article, je laisse
donc mes premiers écrits comme ils étaient avant dapprendre
cette terrible tragédie !
Le Rêve
(je disais donc !) !
Hé oui, cest sûrement ce qua ressenti la quinzaine
de Frenchies passionnés de Southern Rock Music présente pendant
ces quatre jours intenses passés sur le magnifique Carnival Destiny.
Alors certes
On peut, et on pourra toujours, épiloguer ou débattre
sur la relation toujours un peu paradoxale entre la musique Rock et le luxe
découlant dune croisière faisant escale sur une plage
des Bahamas (wouahh... quels délices !), mais là javoue
quégoïstement, même un vrai Rocker dans lâme
peut sautoriser (à titre exceptionnel) ce petit écart,
au demeurant très humain !
Bref ceci étant, cest malgré tout avec une petite appréhension
bien légitime que nous avons embarqué (Manu et moi, accompagnés
de nos Southern Girls préférées) ce mardi 6 janvier au
matin à Roissy. La perspective daller vers le soleil nous donnait
assurément un peu de baume au cur tant la météo
était exécrable à ce moment-là sur la France !
Une bonne dizaine dheures plus tard, nous débarquons sur laéroport
de Miami et ses 30 degrés à lombre
Impressionnant,
et cest là en fait que commence réellement notre inoubliable
périple !
Deux petits jours au calme et en touristes pour nous acclimater et se familiariser
avec les atmosphères de Floride, et voilà que nous sommes déjà
le jeudi à 14h prêts à embarquer. A peine arrivés,
un petit mouvement de foule nous prévient de lembarquement des
maitres de cérémonie: Gary, Rickey, Johnny, Billy, etc... sont
effectivement là, à quelques pas de nous. Ho la la
déjà
les premiers frissons !

Don Barnes & Manu

Blackberry
Smoke
Mon pote
Manu me rappelle que le premier concert sur le navire est donné en
fin daprès midi par Blackberry Smoke, et quil ne souhaite
pas le louper, moi non plus dailleurs ! Juste le temps de prendre
possession de nos bagages, de notre cabine, et de visiter très superficiellement
les lieux avec déjà des yeux émerveillés (quel
bar magnifique !), que nous fonçons rapidement sur le pont où
le groupe en question va ouvrir les hostilités !
Premier constat : on est bien aux Etats-Unis, lexcès et lexubérance
sont assurément les ingrédients classiques liés à
la population. La fête démarre sur les premiers accords de « Like
I Am » : « Ho purée, il y a des watts! »,
me lance Manu. Un sentiment de plaisir monte progressivement en moi,
principalement lorsque lépaisse fumée noire sort de la
gigantesque cheminée et annonce le départ du navire. On prend
enfin conscience que cette fois on y est vraiment
on est sur la Simple
Man Cruise, cest magnifique, quelle chance! Blackberry Smoke délivre
un show Rockn Roll de grande qualité, cest tout juste si
on se rend compte que, pendant quelques minutes, Dale et Carol, les charmantes
choristes de Skynyrd, sont là, à deux mètres de nous,
dansant et chantant les refrains de Blackberry Smoke, nous invitant très
gentiment à prendre des photos et à discuter avec elles. Les
frissons sont de plus en plus présents, et là, évidemment,
je ressens de plus en plus fort quincontestablement on est vraiment
dans un autre monde que celui qui occupe quotidiennement nos habitudes !
Tout juste le temps de prendre notre premier dîner que déjà
la première soirée de Molly Hatchet et du Marshall Tucker Band
soffre à nous, un fabuleux moment marqué par la légende
Doug Gray qui, sil nhésite pas à séconomiser
vocalement en laissant les jeunes uvrer à sa place, nen
demeure pas moins un formidable patriarche assurant la transmission du relais !
Grandiose !
Cette première soirée fut donc mémorable pour nous, même
si le lendemain, au petit déjeuner, Christian, l'ami sudiste de Limoges,
nous apprit quen allant se reposer aux alentours dune heure du
mat' (fatigue + décalage horaire obligent), on avait tout simplement
loupé un buf improvisé regroupant des gens comme Mark
Matejka (Skynyrd) Chris Hicks (Marshall Tucker) ou Don Barnes (38 Special).
Il y eut même la participation de Mary Rossington et Raquel Chase (les
filles de Dale et Carol) aux cotés de Blackberry Smoke, décidément
infatigable. Là, javoue quen apprenant ça, on la
eu un peu mauvaise, et on s'est bien juré que les jours suivants la
fatigue ne gagnerait plus le combat !

Southern Rock Familly
Ce vendredi
(deuxième jour) fut à nouveau un très grand moment puisquil
correspondait aux premiers shows de 38 Special et Lynyrd Skynyrd, ces deux
groupes étant considérés (à juste titre dailleurs)
comme les têtes daffiche de la Croisière, et donc les concerts
avec places numérotées permettaient aux organisateurs de répartir
laffluence présente sur le navire sur les deux soirs (environ
1400 personnes par soir) !
Voir 38 Special une première fois était pour nous quelque chose
de primordial et hyper excitant dans notre Cruise. Et bien on ne fut pas déçu:
magique, inoubliable, même si on se doit bien de lavouer, on aimerait
parfois une expression un peu plus "wild" (Southern Boys !) et spontanée
pour la bande à Don Barnes et Donnie Van Zant, qui joue quasiment la
même set-list depuis des années! Mais ceci dit : "quelle
classe", cest vraiment du "Top-quality", Johnny Van Zant
venant même interpréter avec Donnie le titre "Help Me Somebody
" (tiré de "Get Right With The Man", lalbum des
Brothers) !
Une heure quinze de standards conclue par un magnifique "Hold On Loosely",
suivi du classique "Livin' in USA/Travellin Band",
et cen était déjà fini de la prestation du 38 Special.
Nous venions de vivre le truc primordial que nous étions venus chercher !

Lynyrd Skynyrd
Un changement
rapide de backline et cest lentrée du grand Skynyrd sur
"Workin for MCA". Ayant appris la veille que Ean Evans ne serait
malheureusement pas présent (pour cause de santé), les yeux
se dirigeaient tout naturellement vers celui qui avait la lourde tâche
de jouer la basse aux cotés de Gary Rossington! Et bien ce fut encore
une sacré surprise que de voir ce grand lascar au look et à
lallure très « South » assurer un set (certes
classique) sans la moindre hésitation, un set avec les standards habituels
("What's your name", "Three Steps", "Call Me The
Breeze", "Tuesdays gone",
"Simple man", etc
) et où le grand Billy Powell himself
eut bizarrement quelques hésitations, turbulences probablement liées
(on dira) à un petit coup de fatigue bien humain ! Même
ce soir-là, on lui a pardonné !
Les grands classiques de Skynyrd furent donc la base du concert. Un "Sweet
Home Alabama" repris en cur par lensemble du public et un
magistral "Free Bird", où Mark Matejka et Rickey Medlocke
nous gratifièrent dune superbe complémentarité,
conclurent cette grande soirée exceptionnelle ! Après quelques
portions de concerts aux divers étages du bateau, il était temps
de récupérer car la journée du lendemain (samedi) sannonçait
déjà comme torride !

Don Barnes & Bobby Ingram
Les bonnes
habitudes se prennent vite dans ce genre de situation et les buvettes servent
souvent de point de ralliement aux discutions passionnées. Cest
dailleurs ce qui nous arriva le samedi midi lorsque nous nous sommes
retrouvés par hasard aux cotés du bassiste qui nous avait tant
impressionnés la veille. Celui-ci nétant pas vraiment
connu (ni reconnu dailleurs !), il nous fut assez facile dentamer
la conversation, et là nous fûmes totalement sidérés
dapprendre comment en fait il sétait retrouvé là
avec Skynyrd !
Tout dabord il nous raconta avoir reçu dans un premier temps
un appel téléphonique de Rickey Medlocke lui demandant si il
pouvait remplacer Ean Evans pour la Croisière. Il nous fit éclater
de rire en nous disant quil croyait à un canular dun de
ses potes et quil était prêt à raccrocher, mais
après quelques échanges il avait bien compris que lhistoire
était réelle. Le lascar nous précisa dans la foulée
quil jouait dans un groupe à Memphis Tennessee et quil
faisait des reprises de Skynyrd. Ha bon
ceci explique sûrement
cela. Quoiquil en soit, il était heureux de discuter avec nous,
allant même jusqu'à nous confier que dans la vie il était
artisan maçon (pas vraiment courant !), et que la semaine finie
il partait le vendredi soir avec son groupe écumer les bars en jouant
du Skynyrd. Belle histoire quand même que de se retrouver un jour au
milieu de ses idoles !

Gary Rossington
Le samedi soir fut de nouveau une soirée magnifique. Le concert de Molly Hatchet tout juste dégusté, cette fois-ci en plein air sur le pont (Lido Deck), un peu de chance ainsi quune collaboration hyper sympa de John Galvin (Molly Hatchet) fit que nous avons pu assister au deuxième show donné par 38 et Skynyrd. Autant dire quavec un tel privilège notre plaisir était à son comble ! Plus tard dans la nuit, les oreilles déjà bien fatiguées, on dégusta quelques bières tranquillement devant Jupiter Coyote, une musique dans le style Jam Band dune superbe qualité !

John
& Don Barnes
Le dimanche qui annonçait le dernier jour arriva bien vite, beaucoup trop vite à notre goût : on sétait déjà tellement bien habitué à lambiance, les petits déj' où lon se retrouvait très souvent avec des acteurs hyper sympa comme Phil Mc Cormack, Doug Gray ou autres musicos, les discussions aux buvettes, les délicieux repas du soir où sinstalle une ambiance fabuleuse, bref, tout ça nous rendait déjà un peu moroses à lidée que ça se termine. Nous allions faire en sorte que cette dernière reste dans nos têtes, et ce fut encore une fois inoubliable avec le show acoustique en plein air de Lynyrd Skynyrd, grande émotion, même si on aurait aimé que ça dure plus longtemps. La nuit tombée, après un petit détour pour voir Tom Hambridge, nous assistâmes au troisième show de Molly et Marshall, cétait la dernière et quelque chose nous disait quil y aurait une surprise, ne serait-ce quà la vue des amplis supplémentaires posés aux cotés de ceux de Bobby Ingram, et quelle ne fut pas notre émotion lorsque Phil Mc Cormack annonça deux invités, en loccurrence Chris Hicks et Don Barnes. Alors là Ces deux là sur un buf avec Molly Le Rêve continuait, un "T for Texas" suivi dun "Crossroads" rendirent cette soirée totalement magique ! Aux alentours de minuit, on en reprit une rasade avec les bufs improvisés sur la scène en plein air. Hyper fatigué mais heureux, je regagnai notre cabine pour dormir juste quelques heures afin dêtre minimum prêt au débarquement prévu vers 8h le lundi au petit matin. Lami Manu, savourant même jusqu'au dernier instant, ne dormit lui quune petite poignée de minutes... Quimporte, il fallait garder un grand souvenir de tout ça, ce qui fut le cas !

John
& Skynyrd Bassist on the cruise
La descente sur terre fut un peu morose, on lisait aisément sur les
visages fatigués tous les regrets liés à une fête
qui se termine, les « Goodbye my friend » étaient
fréquents et donnaient inévitablement un coté émotion
à ce regroupement des passionnés du Southern Rock, mais bon,
comme on dit : « Toutes les bonnes choses ont une fin »,
enfin ce nétait sûrement pas de gaieté de cur
quand même !
Deux nouveaux petits jours de détente qui nous firent découvrir
les merveilleux endroits de Floride (Key West, par exemple), et cen
était fini de nos vacances en janvier, il fallait reprendre le vol
pour la France et son froid glacial ! Je ninsisterai pas trop sur
les détails du retour et sur la reprise du boulot dès le lendemain,
mais ce que je sais aujourdhui, cest que, quasiment trois semaines
après, jai toujours un moral dans les chaussettes, et que si
avant de partir, nous nous répétions inlassablement que "cest
un truc quil faut faire une fois dans sa vie", aujourdhui
Manu comme moi-même ne sommes plus vraiment certains quil faille
juste le faire quune seule fois! Alors même si évidemment
ça nécessite certains frais financiers, je pense quil
nous serait impossible de ne pas souhaiter à tous les passionnés
de Southern Rock de France (et dEurope) de vivre ce formidable moment
que représente une croisière Southern Rock !
JOHN

Come back in France ...

Skynyrd's Fans
A suivre Simple Man Cruise 2010...................