Down To The Bone (Bad reputation)

Le rock australien n’en finit pas de se renouveler groupe après groupe. De l’autre coté du globe, les guitares hurlent leurs savoirs à tous les aborirocks venus prendre leurs doses quotidiennes de vitamines musicales. Et, nom d’un crocodile en rut (expression en v.o. pour dire en sac), prions pour que le filon ne se tarisse pas. L’arborescence du rock aussie étant aussi vaste qu’une toile d’araignée dans un placard de politiciens, ne tentons pas une classification hasardeuse dans les multiples méandres de ce puits sans fond. Le groupe de Melbourne est le descendant des australian bands au son clair (en opposition à ceux du dirty bush rock emmenés par les Celibate Riffles, Beasts of Bourbon et autres dingos élevés au lait de bière). Non, Electric Mary est plutôt dans la lignée des Rose Tatoo, Angels, Noiseworks proposant un son rock assez dur (que les disquaires français, par erreur ou méconnaissance, classent dans le hard, alors qu’il s’agit tout bêtement de rock australien). Cela donne donc onze mélodies couillues emmenés par la voix de Rusty, bercées par les guitares d’Irwin Thomas et Pete Robinson. Difficile de sortir du lot tel ou tel titre car l’album possède une cohésion d’ensemble remarquable. Ou alors juste un le superbe « Crashdown » que j’ai cru sorti du Beyond Salvation des Angels. Ou « Luv Me » d’un Led Zeppelin, « One Foot in the Grave » d’un Rose Tatoo ou d’un Gun’s and Roses. Bref de multiples influences qui, bien passées au mixer de cet Electric Mary, font de ce « Down To The Bone » un album hautement recommandable.

Guettons le passage scénique afin de faire le plein de ce médicament « solotidum de guitarum » que bon nombre de médecins devraient prescrire un peu plus souvent pour vaincre la sinistrose ambiante qui perdure dans nos contrées.

J.S. Thirion