SILVER TRAVIS
Take the High Road (2009 - http://www.silvertravis.com )



Musicians:
Joey Parrish - bass
Court Pickett - drums
Randall Calvert - lead guitar
Terry Collins - keyboards
Rick Cash - lead vocals
Danny Sigfried - guitar

De Dieu, my God, quel album ! Deuxième album pour Silver Travis, hormis un "deux titres" datant de 1982. Oui, oui, Silver Travis a de la bouteille, du corps, des tripes : pas des rigolos de foire. Natif de Spartanburg, Caroline du Sud, fief du Marshall Tucker Band, ce brillant sextet allie à leur propre style, bien sûr une approche tuckerienne, avec un soupçon d’Allman. Déjà, en 1982, la messe était célébrée : écoutez sur leur site leurs archives pour vous rendre compte. À cette époque, comme maintenant d’ailleurs, ils ne sont pas légion, les groupes à se frotter au style southern country rock jazzy du grand M.T.B. : seuls deux groupes dans la région de Spartanburg, avec Silver Travis, avaient gravé dans la cire leur empreinte, à savoir le Lightnin’ West Band : disque vinyl chez Allen Acre Label, avec Stuart Swanlund et David Allen, et Bramble en LP en 1983 chez CSA/LDT produit par Jerry Eubanks, Doug Gray et George Mc Corkle. Puis, pour l’histoire, un groupe du Missouri, The Macks Creek Band, et son lumineux LP : "Same" (MCB 1980) sans oublier les trois groupes de l’Illinois The Dave Chastain Band, The Roadside Band et Appaloosa.

Venons en à ce deuxième CD de Silver Travis, qui comporte douze titres : Take The High Road (prenez la haute route), une route semblable à celle de la diligence de la célèbre pochette du MTB ("Long Hard Ride"), avec comme conducteurs Jerry Eubanks et Paul Riddle sur un instrumental teinté latino El Segundo, où Silver Travis nous fait rencontrer Allman et Santana, et comme postillons Rusty Milner et Tim Lawter, qui ont aussi participé, en studio à la production hors pair de cet album. Dès le début, on en prend plein les mirettes avec "You Done Me Wrong". On peut aussi signaler sur "Bad Case of Loving You" l‘énorme maîtrise vocale de Rick Cash. Notons un titre qui est dans le son Allman actuel, avec "Wishing Well". On a aussi droit à un "Time For A Change" et un "Southern Poet" au parfum MTB d’antan, et du boogie et une pointe de blues sur "Honky Tonk Shuffle" et "Rooster" qui achèvent cette aventure. 

Juste une petite chose : peut-être moins de guitare que sur le précédent album "One Monkey Don’t Spoil The Show". Ici on privilégie les arrangements, la qualité, le bel ouvrage, tout le long des douze morceaux, chose extrêmement rare de nos jours. On descend de la diligence couvert de poussière et assoiffé. Vite un bar…

Jacques Dersigny